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Dealer de films

La Vie promise de Olivier Dahan

16 Juin 2014, 18:04pm

Publié par Mathieu

La Vie promise de Olivier Dahan

Si vous êtes allé voir La Repentie, vous n’irez pas voir La Vie promise: on ne vous la refera pas. Si vous n’avez pas vu La Repentie, vous vous dites: cette actrice si active, si curieuse et si occupée qu’est Isabelle Huppert ne perdrait pas son temps dans une production catastrophique… allons-y!


Pourtant, ce téléfilm “esthétisé” à grand coup de couleurs saturées est un ratage de bout en bout, à commencer par ses premières scènes dans l’intérieur-à-la-bouteille-de-wiskhy-et-aux-somnifères de Sylvia, prostituée de rue et de convention. La caméra portée glisse le long des jambes de Huppert, s’inquiète pendant la bagarre quand deux types entrent pour régler des comptes. Sylvia prend bientôt la route, flanquée de sa gamine (qui semble échappée de Mishka de Stévenin). Un peu comme Cécile Cassard (une autre épave féminine lancée à la dérive cet été), Sylvia avait abandonné ses enfants. Et c’est la fuite en avant à coups de dialogues étrangement similaires à ceux de la Repentie (“Le premier train pour la mer”): “– Vous allez où? – Le plus loin possible”. Forcément, le mauvais film est lancé, et malgré des plans intercalés sur les fleurs et leur langage, il sera difficile d’en arrêter la course.


Si La Vie promise nous est encore moins sympathique que sa simple médiocrité ne le justifierait, c’est à cause des prétentions qu’il affiche (il lorgne vers Sue perdue dans Manhattan et même vers Vivre sa vie et Sauve qui peut (la vie) de Godard) et de son idéologie dégoulinante de la fâââmille comme seul havre de paix pour une femme. C’est enfin parce que, d’un objectif complaisant, le chef-op nous permet de nous rincer l’oeil, par exemple dans un bar-strip-club, ou en ne nous faisant pas manquer un détail des prestations des maquilleurs – des chirurgiens? – sur une Huppert décolorée, nippée de jupes à ras-le-bonbon étrangement infroissées malgré des nuits dans un champ bouseux. Santiags à talons aiguilles et sac à franges pimentent ce pseudo road movie d’une “ambiance western”. Pascal Greggory – c’est peut-être ce qui le rend si humain? – y conserve perpétuellement une expression désolée, comme pour s’excuser que le film existe.


Florilège, à destination des membres du jury des Césars:


“Je veux être la plus belle femme du monde.”
“Les fleurs sont des choses merveilleuses.”
“– C’est votre vrai nom, Joshua? – Oui. – ça vient d’où? – ça vient de loin.”
“Je suis au-delà de l’arc-en-ciel, comme dans la chanson. Je cherche le magicien.”
“Je crois que j’aurais fait une bonne fleuriste.”
“J’ai honte, je voudrais être normale.”
“– Faites-moi danser. – Je ne sais pas danser. – Moi non plus.”


Enjoy!!!

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